Rythme de l’enfant : les propositions qui émergent

Semaine de 4 jours ou de 4.5 jours, TAP ou pas TAP, ces questionnements seront bientôt dépassés car le débat est en train d’évoluer. Mises sur le devant de la scène à l’occasion du congrès des maires et des échanges avec le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse, 2 propositions émergent : réfléchir aux rythmes de l’enfant sur l’année complète & étendre les activités périscolaires éducatives aux activités extra-scolaires.
Si ces propositions engagent les réflexions sur un autre chemin, elles reposent sur deux constantes : la complémentarité des apprentissages scolaires et des pédagogies de l’animation, d’une part, le rôle de coordinateur de la politique éducative pour les communes (ou intercommunalités), d’autre part.

Ne plus parler en semaine mais en année scolaire

Les spécialistes,  notamment au regard des résultats français par rapport aux études de l’OCDE, s’entendent pour reconnaître que les élèves français n’ont pas assez d’heures d’enseignement dans l’année par rapport à leurs voisins européens. Et c’est pour ne pas détériorer encore ce fait que les enseignants (notamment deux affiliés à la CFDT) s’élèvent contre le retour à la semaine de 4 jours. Cependant, l’idée fait son chemin de reconsidérer la question du volume horaire d’enseignement à l’échelle de l’année scolaire et non plus de la semaine.
En parallèle, si les 5 matinées d’enseignement sont reconnues comme étant propices à de meilleurs apprentissages, la reconnaissance de la qualité éducative des animations pourrait favoriser une complémentarité entre 4 jours d’école et un mercredi matin éducatif, mais dans le cadre extra-scolaire… : « Dans tous les pays de l’OCDE vous avez 5 jours d’école avec des matinées bien chargées et des après-midi réservés à un enseignement à la carte. Du point de vue du bénéfice de l’enfant, il y a davantage de possibilités sur 5 matinées que sur 4 pour une pédagogie différenciée », estime Eric Charbonnier, économiste à l’OCDE. Les collectivités qui repassent à 4 jours sont donc invitées à organiser des activités périscolaires de qualité le mercredi : « C’est une opportunité de concertation avec les enseignants et les directeurs d’école pour organiser quelque chose de cohérent avec les 4 jours d’école »

Pérenniser et développer un service d’activités éducatives pour tous les enfants, en dehors du temps scolaire

La liberté d’organisation des rythmes scolaires, renforcée par le décret de juin 2017, tendait à une dissociation entre rythme scolaire et activités éducatives périscolaires. Cette tendance se confirme avec le « plan mercredi » du ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse : revenir à la semaine de 4 jours scolaires et ne plus organiser de TAP, OK mais conserver malgré tout un service facilitant les apprentissages et l’ouverture culturelle de tous les enfants, et notamment des plus défavorisés.
Les temps périscolaires se rapprocheraient désormais des temps extra-scolaires et notamment du centre de loisirs du mercredi. La cohérence est recherchée sur l’ensemble de la semaine et avec tous les acteurs éducatifs locaux ; les associations locales sont de nouveau appelées à être partenaires éducatifs aux côtés de la mairie, de l’école et des parents. Le Projet Educatif Territorial a vocation à être pérennisé et renforcé. Le ministre annonce, de plus, le souhait de favoriser des financements supplémentaires de la CAF, voire de l’Etat, pour le déploiement d’activités de qualité, le mercredi. Epineuse question qui a déjà conduit de nombreuses collectivités à revenir aux 4 jours d’école tout en étant satisfaites des TAP…

Ancrer la politique éducative au niveau local

Quand on parle de réussite éducative on pense aux enseignants et aux parents. Depuis 2013, une dynamique de territoire s’est créée et a reconnu les animateurs comme partie prenante de la réussite éducative. Il ne semble pas y avoir de retour en arrière aujourd’hui et les récents débats ne remettent pas en question le rôle majeur des collectivités territoriales (et de leurs services et partenaires éducatifs) dans cette ambition. Car pour valoriser la richesse de l’animation dans l’accompagnement éducatif des enfants et promouvoir la complémentarité de tous les temps et de tous les acteurs, il faut un coordinateur.

Pour aller plus loin sur l’enjeu de complémentarité, lire la coproduction ANDEV, RFVE, Francas et Ligue de l’enseignement : Pour un débat apaisé sur les rythmes éducatifs.

 

Partagez cet article :Email this to someone
email
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin