La réforme des rythmes évaluée par deux mouvements d’éducation populaire

Le groupe de travail commun du Sénat évaluant la réforme des rythmes scolaires a auditionné, le 12 avril dernier, la Ligue de l’enseignement et les Francas. Cette audition fut l’occasion pour ces deux mouvements d’éducation populaire de partager leur évaluation de la réforme.

Parmi les points positifs, ces deux acteurs saluent les Projets Educatifs Territoriaux, élaborés dans de très nombreuses collectivités et qui ont permis de promouvoir les temps péri et extrascolaires et d’inclure ces temps dans une réflexion globale sur l’action éducative locale.
Une appréciation nuancée, cependant, car la continuité éducative ne se traduit pas encore sous tous ses aspects. Ainsi, les activités périscolaires sont trop peu prises en considération, de nombreux PEdT se cantonnent aux enfants de primaire et l’inclusion des parents dans l’élaboration et la mise en œuvre de la politique éducative est trop restreinte.

Des limites que nous avons déjà pointées dans nos articles et nos travaux : la politique éducative territoriale nécessite coordination, formation et nombreux temps d’échange. Des besoins qui renvoient malheureusement à l’inégalité des moyens des collectivités. Inégalité que Francas et Ligue de l’enseignement proposent d’alléger en plaçant au coeur de la politique éducative deux ambitions :

  • le territoire et les besoins particuliers des enfants et adolescents :  » … après avoir conduit ce travail d’identification des besoins territoriaux, les co-éducateurs vont rechercher une complémentarité de leurs actions. Ils vont définir une conception de la continuité éducative qui ne les enferme pas dans une acception taylorisée ou techniciste de celle-ci. « 
  • la citoyenneté et le positionnement de l’éducation comme bien commun : l’éducation « doit être partagée,discutée, « dialoguée » par le plus grand nombre de citoyens. Il s’agit donc d’installer et de développer des espaces de mobilisation citoyenne, de rencontre et de coopération entre les citoyens et tous les experts et professionnels de l’éducation. »

 

Francas et Ligue de l’enseignement énoncent ensuite de nombreuses propositions pour pérenniser les TAP et soutenir leur qualité éducative : créer un parcours éducatif, placer les enjeux de société au cœur des activités, laisser l’opportunité du « ne rien faire », considérer les TAP comme des vecteurs d’égalité, rapprocher les projets périscolaires, scolaires et extrascolaires…

Une audition à retrouver ici.

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