Parents, prenez place dans la communauté éducative !

Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants. Mais delà à légitimer et à promouvoir leur place dans la communauté éducative d’un territoire, il y a un grand pas.

Parents et éducation sont deux notions qui renvoient à la sphère familiale et donc privée. Pourtant, la réforme des rythmes a démontré que les parents sont de plus en plus soucieux des questions pédagogiques – certains diront même exigeants !-. Les parents souhaitent a minima être informés mais aussi échanger et participer aux orientations éducatives, sur le temps scolaire comme sur le temps périscolaire.

Quelle place accorder aux parents dans l’élaboration et la mise en place du Projet éducatif communal ? Faut-il tous les inclure ou seulement quelques-uns, mais auquel cas quelle capacité représentative ont-ils ?

Trois suggestions, en cette rentrée !

  • D’une part, communiquer, informer, expliciter les objectifs éducatifs poursuivis et les actions mises en œuvre afin de favoriser une inter-connaissance, de faire émerger un langage éducatif commun et de cultiver un intérêt collectif à l’éducation des enfants du territoire. Le ministère de l’éducation propose un outil en ce sens avec la mallette des parents.
  • D’autre part, prendre contact avec les organisations de parents d’élèves, et notamment la FCPE qui accompagne et forme les membres adhérents (attention, tous les parents délégués ne sont pas affiliés à un syndicat).
  • Enfin, saisir l’opportunité de sujets très concrets concernant les enfants pour initier les parents à la concertation avec les élus, les agents territoriaux et les professionnels locaux (alimentation, santé, culture…).

Les parents ont une place à prendre dans la communauté éducative. Mais un coup de main, de la part des acteurs de la politique éducative territoriale, ne serait pas superflu ! Chacun des acteurs de cette communauté se retrouve autour d’un intérêt commun, celui de l’enfant. Créons les conditions d’une coopération sereine, constructive et ambitieuse .

Il est urgent d’éradiquer ce principe de compétition qui place l’enfant, dès sa scolarité, dans une rivalité terrible avec les autres et lui laisse croire que s’il n’est pas le meilleur, il va rater sa vie.
Beaucoup répondent à cette insécurité par une accumulation stupide de richesses, ou par le déploiement d’une violence qui vise à dominer l’autre, que l’on croit devoir surpasser.
Aujourd’hui, on est tout fier lorsqu’un enfant de 5 ans sait manipuler la souris de l’ordinateur et compter parfaitement. Très bien. Mais trop d’enfants accèdent à l’abstraction aux dépens de leur intériorité, et se retrouvent décalés par rapport à la découverte de leur vraie vocation.
Dans notre jeune âge, nous appréhendons la réalité avec nos sens, pas avec des concepts abstraits. Prendre connaissance de soi, c’est d’abord prendre connaissance de son corps, de sa façon d’écouter, de se nourrir, de regarder, c’est ainsi que l’on accède à ses émotions et à ses désirs. Quel dommage que l’intellect prime à ce point sur le travail manuel. Nos mains sont des outils magnifiques, capables de construire une maison, de jouer une sonate, de donner de la tendresse.
Offrons à nos enfants ce printemps où l’on goûte le monde, où l’on consulte son âme pour pouvoir définir, petit à petit, ce à quoi l’on veut consacrer sa vie. Offrons-leur l’épreuve de la nature, du travail de la terre, des saisons. L’intelligence humaine n’a pas de meilleure école que celle de l’intelligence universelle qui la précède et se manifeste dans la moindre petite plante, dans la diversité, la complexité, la continuité du vivant.
Pierre Rabhi

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