Rapport concernant la filière animation dans la FPT

Le 18 mai dernier, J. De Carlos présentait au Conseil Supérieur de la Fonction Publique Territoriale un rapport très complet sur l’état de la filière animation : le contexte du développement de celles-ci, les enjeux de politique éducative et enfance, les problématiques statutaires, la précarité de ces agents, le manque de reconnaissance des compétences professionnelles.
Une nouvelle preuve, si besoin, qu’en mutualisant les réflexions, les formations, les outils professionnels, via un réseau comme TapTap 49, le monde de l’animation peut se métamorphoser !

Parmi les analyses de J. Carlos nous relevons celles-ci :
  • « la forte précarité des conditions d’emplois des animateurs dans une filière, par ailleurs fortement féminisée, et l’absence d’un espace de capitalisation des expériences accentuent la complexité pour obtenir la légitime reconnaissance des qualifications professionnelles et des métiers de l’animation »
  • 274 000 animateurs relèvent de la convention collective de l’animation, 117 000 sont sous statut de la fonction publique territoriale.
  • « Parmi les agents de l’animation, le statut principal est celui des contractuels et des vacataires qui composent plus de 40% des animateurs professionnels. Le contrat à durée indéterminée concerne moins de 30% de la population. Ceci s’accompagne d’une forte proportion d’emplois temporaires et du travail à temps partiels avec des horaires changeant d’une semaine à l’autre. »
  • « la réforme des rythmes scolaires et la mise en place de Projet Educatif de Territoire (PEDT) pour les enfants des écoles maternelles et élémentaires ont fortement impacté les pratiques
    professionnelles des animateurs et ont conduit à un glissement de tâches pédagogiques notamment aux ATSEM alors que les missions actuelles de leur cadre d’emploi ne le permettent pas. »
  • « Une grande majorité des animateurs expriment le souhait de plus de formations diplômantes afin d’apporter une réponse pédagogique plus qualitative et obtenir ainsi une meilleure reconnaissance de leur métier. Ils veulent également des formations spécifiques leur permettant d’évoluer dans leur carrière professionnelle. Majoritairement, les agents titulaires et contractuels ont un regard critique sur la mise en œuvre des rythmes scolaires contrairement aux vacataires. Enfin, beaucoup d’animateurs constatent le manque d’information pour connaître leurs droits à un déroulement de carrière, notamment la préparation aux concours, la mobilité professionnelle et la retraite. »
Aux fragilités observées, le rapport oppose 13 pistes d’amélioration :
1) Faire une étude plus complète sur la nature des emplois occupés, déterminer pourquoi on trouve autant d’agents en échelle 3 et quelle est la proportion réelle des “faisant fonctions”.
2) Calculer les quotas par filière, ce qui permettrait aux filières autres que la filière administrative au moins une promotion interne vers le grade d’attaché tous les 4 ans et ne pénaliserait pas les rédacteurs.
3) Prévoir réglementairement l’exercice exclusif de la fonction d’encadrement par un agent de catégorie B pour les emplois permanents à temps complet.
4) Instaurer un temps de travail minimum à 17h30 afin de permettre une intégration dans le cadre d’emplois des adjoints d’animation.
5) Prévoir un cadre réglementaire qui doit rendre obligatoire l’obtention des diplômes professionnels de l’animation socioculturelle (Bapaat, Bpjeps, Dejeps, Desjeps) pour professionnaliser l’action éducative notamment dans le cadre des accueils collectifs de mineurs.
6) Déterminer des mesures incitatives dans le cadre des plans de formation pour garantir la formation des animateurs.
7) Réduire le nombre de grades dans le cadre d’emplois des adjoints d’animation afin d’obtenir un réel déroulement de carrière.
8) Prévoir une formation au premier grade dans le parcours professionnel pour le passage du concours.
9) Réinterroger les missions du cadre d’emplois d’adjoint d’animation au regard des évolutions.
10) Améliorer les conditions d’avancement pour être nommé au choix au grade d’adjoint territorial d’animation de 1ère classe.
11) Créer les conditions statutaires favorisant le reclassement dans un autre emploi.
12) Créer un cadre d’emplois de catégorie A spécifique à la filière animation afin de finaliser le déroulement de carrière des agents, avec les mêmes conditions statutaires, indiciaires et indemnitaires que celles de la filière administrative.
13) Reconnaître un temps de préparation réglementairement prévu comme temps de travail
Capture
Partagez cet article :Email this to someone
email
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin