Plan mercredi – le décryptage

Le 20 juin dernier, le ministre de l’éducation révélait les objectifs et les modalités de mise en œuvre du Plan Mercredi. En quoi consiste-t-il ? Quelles sont les évolutions par rapport aux TAP ? Comment le déployer dans les communes ?
Petit tour d’horizon

Le Plan Mercredi, les objectifs

Dans la continuité des Temps d’Activités Périscolaires, le Plan Mercredi a pour objectif d’offrir aux enfants des activités éducatives en dehors des temps scolaires (sur la pertinence des temps éducatifs collectifs, en dehors des temps scolaires, relire nos articles sur les compétences psychosociales et sur les temps et lieux tiers). La qualité de ces activités reposera sur la diversité des animations proposées, la complémentarité et la cohérence entre les différents temps de l’enfant, l’inclusion de tous les enfants (en situation de handicap et/ou précaire) et l’ancrage territorial par des partenariats avec les acteurs locaux. Ces engagements seront repris dans une charte que les collectivités, engagées dans le Plan Mercredi, signeront.

Si le mercredi n’est plus un jour scolarisé, dans de nombreuses communes de France, le Plan Mercredi inscrit malgré tout le centre de loisirs du mercredi dans un cadre périscolaire (et non extrascolaire comme pendant les vacances ou comme c’était le cas avant la réforme de 2013).
Le Plan Mercredi intègrera le Projet Educatif Territorial. Les communes sont d’ailleurs invitées à élaborer un même service et des objectifs éducatifs communs pour le mercredi et les accueils périscolaires des lundis, mardis, jeudis et vendredis.

 

Le Plan Mercredi, la mise en oeuvre

Pour déployer le Plan Mercredi, les missions de coordination demeureront importantes pour la commune ou l’association gestionnaire des temps périscolaires. Les coûts d’encadrement seront également plus élevés qu’en centre de loisirs de droit commun puisque les communes sont sollicitées pour faire intervenir des éducateurs sportifs et culturels, des associations citoyenne, environnementale, numérique…
Le gouvernement négocie actuellement le futur contrat d’objectif et de gestion, avec la caisse nationale des allocations familiales, pour 2018 à 2022 : la CAF participerait à hauteur de 1€ par enfant par heure si un Plan Mercredi est intégré au PEdT, au lieu des 0.54€ actuellement versés pour l’accueil de loirs sans hébergement.
Par contre, contrairement au fonds de soutien, il n’est pas prévu de majoration pour les communes rurales ni les quartiers prioritaires.

Le taux d’encadrement, bien qu’assoupli, demeurait un frein dans la mise en œuvre des TAP. Le gouvernement annonce un prochain décret pour ouvrir de nouveau les profils des éducateurs pouvant être comptabilisés dans les taux d’encadrement. Les taux, quant à eux, devraient être ceux des accueils périscolaires, sauf si le centre ouvre plus de 4 heures par jour (consulter l’article du JdA du 12/07). Sur ce point, il faut attendre le décret ministériel d’adaptation de la règlementation relative aux accueils collectifs de mineurs.

Les communes demeurant à 4.5 jours, et qui continueront de bénéficier du fond de soutien pour les TAP, pourront également souscrire au Plan Mercredi pour l’après-midi.

Le ministre de l’éducation a annoncé un accompagnement fort des services de l’Etat (direction de la cohésion sociale et direction de l’éducation nationale) ainsi que la mise en place d’un site internet (planmercredi.education.gouv.fr). Ce dernier n’est pas encore ouvert.

 

Le Plan Mercredi, l’avis des représentants

Elus, par la voix de leurs associations nationales (AMF, AMRF), agents territoriaux de l’éducation ou encore fédérations nationales d’éducation populaire, tous, unanimement, saluent le Plan Mercredi en ce qu’il pérennise des moyens pour une action éducative locale fondée sur la complémentarité des éducateurs (animateurs, parents et enseignants) et sur la mobilisation de tous au service d’un projet commun.

Une parole qui concrétise notre ressenti de ces derniers mois : l’école repasse à 4 jours dans la majorité des communes (75% des communes disposant d’un école publique – moyenne nationale), les TAP ne seront pas reconduits en septembre dans un grand nombre d’écoles mais la plus-value d’une communauté éducative et d’un projet de territoire restera.

Unanimité sur les orientations, mais pas sur les moyens !

Les animateurs expriment en effet leur inquiétude face à l’hypothèse d’un taux d’encadrement périscolaire allégé (version PEdT) le mercredi : les taux d’encadrement du mercredi pourraient ainsi être d’un adulte (tout intervenant compris) pour 18 enfants de +6ans contre un animateur pour 12 enfants de +6ans aujourd’hui.

La parution du décret apportera une nouvelle lumière sur le Plan Mercredi, dont la mise en œuvre est souhaitée à la rentrée !

 

Partagez cet article :Email this to someoneShare on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn