La citoyenneté, de l’objectif éducatif aux compétences psychosociales

Le 24 avril dernier la ville d’Angers organisait un après-midi de réflexion autour de cette question : « l’éducation à la citoyenneté, une utopie ?  »
Pour apporter quelques réponses, trois analyses et retours d’expérience ont été présentés. Une présentation historique de Claire Pereira Leconte, coordinatrice Éducation et société au sein du réseau Canopé, une information institutionnelle de Philippe Mercier, inspecteur de l’éducation nationale, et le programme de recherche sur les compétences psychosociales de l’institut régional d’éducation et de promotion de la santé (IREPS), par Magali Segretain.

La notion même de citoyenneté a fortement évolué

Alors qu’il y a quelques dizaines d’années, la citoyenneté était une injonction à vivre en société, en respect notamment de la nation et de la famille, la citoyenneté d’aujourd’hui identifie le respect de chacune des individualités comme un préalable à la constitution d’un collectif capable de faire société.

Sur le fond, il ne s’agit plus d’enseigner aux enfants les règles de citoyenneté mais de leur faire expérimenter les droits et devoirs de chacun pour que ces valeurs de vivre-ensemble prennent sens. Il s’agit également d’accompagner chaque enfant à se créer un esprit critique.

Sur la forme, de nouvelles méthodologies ont fait leur apparition et la pédagogie active s’ancre progressivement.

Pour Claire Pereira Leconte, 2 questions se posent aujourd’hui car la citoyenneté ne s’apprend pas en une seule fois et ne s’acquiert pas de manière définitive : comment permettre aux jeunes d’être acteurs de la citoyenneté  ? Et, comment donner de la valeur à ces pratiques ainsi qu’aux démarches d’accompagnement qui sont conçues afin de favoriser l’éducation à la citoyenneté ?

 

Une ambition qui ne dispose pas encore de tous les moyens nécessaires

La mobilisation des acteurs éducatifs autour de l’enjeu de la citoyenneté se construit depuis plusieurs années, sous l’impulsion des politiques enfance jeunesse notamment. L’école elle-même se saisit de cette question, le socle commun de connaissances et de compétences de 2015 inscrivant comme pilier 3 « la formation de la personne et du citoyen ».

Mais, l’objectif éducatif de citoyenneté nécessite une adaptabilité à chacun des enfants et il est donc utile d’élaborer un parcours éducatif ouvert à une pluridisciplinarité et à des adultes aux profils complémentaires. Cette ouverture de l’école – nous l’avons souligné à plusieurs reprises- n’est pas encore instituée. Et pour cause, les moyens eux-mêmes de réaliser la complémentarité entre les enseignants et les animateurs, d’accorder une place à la parentalité au sein de l’école… n’existent pas.

Les temps de travail des enseignants n’ont pas intégré de temps de coordination avec les équipes d’animation, lors de la réforme des rythmes scolaires.

 

La recherche et le développement au service de la citoyenneté

Alors qu’au sein de chaque école ou accueil péri et extrascolaire, on s’interroge encoren dans le cadre d’un projet d’animation sur la citoyenneté, sur le type d’activités à mener, sur les professionnels à mobiliser, sur les formations à suivre… l’intervention de Magali Segretain a été extrêmement instructive !

L’IREPS développe depuis 2001 un programme de recherche avec les équipes éducatives visant à renforcer les compétences psychosociales des enfants. Le postulat d’origine de ce programme était que des enfants aptes à maintenir un état de bien-être mental seraient en capacité de répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne et seraient donc moins enclins à dépendre des substances toxicologiques.

Le bilan de ce programme s’avère très intéressant car l’accompagnement des enfants (via la formation des éducateurs notamment) a permis d’observer des résultats positifs sur la santé mais aussi des conséquences positives sur le climat scolaire, le vivre-ensemble et la prévention des violences. L’IREPS conseille donc de dupliquer la méthodologie expérimentée dans le cadre de la mise en place d’un parcours citoyenneté à l’école.

Cette méthodologie qu’elle est-elle ? Un travail d’équipe, l’association des parents, un apprentissage au long cours et «progressif», des méthodes interactives et expérientielles, des attitudes éducatives cohérentes et partagées, par tous, une bonne qualité d’implantation d’un projet (bonne connaissance du public, portage collectif, équipe formée).

Et en termes de pédagogie, quelles sont ces compétences psychosociales qui permettent à chaque enfant de s’épanouir « citoyennement » ?

 

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter le cartable des compétences psychosociales, le catalogue des outils de prévention et le site internet www.ensantealecole.org

Merci à la mission politique éducative locale d’Angers pour cet après-midi très riche. Des ateliers ont également été proposés pour réfléchir à des activités menées auprès des enfants et jeunes. A consulter ICI.

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